Sans aucun doute une belle rencontre !

Publié le 3 Janvier 2013

Juste avant Noël, le groupe de confirmands de l'aumônerie a fait la rencontre de Mgr Jaeger. Un peu plus d'un mois avant le "Jour J", la discussion a largement porté sur les doutes auxquels notre foi est confrontée. Extraits des réponses de notre Evêque...

confirmands1.jpg- Est-ce normal de douter ? Comment faire pour y remédier ?

- La question du doute est une question très actuelle. Quand j'étais jeune évêque, les futurs confirmés me posaient des questions sur l'opinion de l'église concernant la famille, le mariage ou autre, mais pas sur le problème des doutes personnels. Aujourd'hui, le doute touche beaucoup de monde, et pas seulement concernant la foi. Je "doute de moi" ou je "doute des autres". On se pose des questions : "à qui puis-je vraiment faire confiance ?" Partout, nous avons des occasions de douter. Alors est-ce que je peux croire en Dieu ? Il y a une quarantaine d'années, un bébé adoptait les traditions chrétiennes presque en buvant son biberon. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. On se trouve donc confronté à la question de croire. On a le choix de croire. Croire, c'est se confronter à l'inconnu, n'être jamais sûr.
On n'a jamais de certitude à 100%, on est obligé de se donner soi-même. Croire, c'est accepter, et s'investir à 100% dans ce "OUI". C'est par le doute que l'on construit ses certitudes, il ne faut donc pas en avoir peur. Comme pour un couple, où l'un n'est jamais sûr à 100% de ce que pense l'autre, il faut suffisamment de certitude, donc de confiance, pour se lancer dans l'aventure de la relation.  Si on attend trop, on ne fait jamais rien ! Il faut se lancer, puis la part de doute permet d'avancer; 

 

- Peut-on, à un moment de notre vie, rejeter complètement la foi, puis revenir sur les pas de Jésus ?

Le chemin de la foi, comme le chemin de Dieu, n'est pas une autoroute. C'est plutôt un chemin tortueux, comme toute relation. Il ne faut pas penser la relation comme assurée, garantie. Dans un couple, il y a des hauts et des bas. Notre foi est mise à l'épreuve par les "aventures" de la vie. Certaines choses sont parfois plus difficiles à admettre. On peut se détourner de la foi lors de grandes étapes de la vie, lors d'épreuves. Face à des drames de la vie, on peut parfois s'adresser à lui de façon vigoureuse : "Pourquoi laisses-tu faire cela ?". Notre relation à Dieu n'est pas toujours idyllique, elle est une construction, une découverte permanente. 

- Et même un évêque, ça a des doutes ?

Des doutes sur les fondamentaux de la foi, pas vraiment. Il m'arrive de douter par rapport à des difficultés de la vie. A me demander, "qu'est-ce qui se passe là-haut ?", "où va notre Eglise ?".  J'ai à me laisser réinterroger par Dieu. On pourrait douter, quand on voit qu'il y a de moins en moins de monde dans nos églises.

confirmands2- Moins de monde, mais n'est-ce pas mieux aujourd'hui ? Les engagements ne sont-ils pas plus vrais ?

L'église perd un certain type de présence dans la société. Aujourd'hui, s'engager dans l'église est un choix plus personnel, donc peut-être plus riche de sens. Avant, on allait à la messe par convention sociale. Aujourd'hui, on ne demande plus à l'église de donner du sens aux rites sociaux. On le voit avec le débat sur le mariage. Mais notre témoignage, votre témoignage compte. La relève n'est pas assurée de façon automatique de générations en générations. Nous avons besoin de votre témoignage, celui d'une fois qui ne se récite pas, mais d'une foi profonde, incarnée.

- On peut donc vivre sa foi de façon personelle, sans être obligé d'aller à la messe tous les dimanches ?

Nos anciens sont les héritiers d'un catéchisme qui plaçait toute une série de commandements sur le même niveau, dont par exemple, aller toutes les semaines à la messe, mais communier n'était requis qu'une fois par an. Aujourd'hui, on peut considérer qu'une eucharistie qui ne nourrit pas une vie de foi est vaine. Notre foi est avant tout personnelle. Notre rencontre avec Christ est personnelle. Elle peut se nourrir individuellement, comme vous l'avez fait dans votre lecture individuelle de St Marc. Mais Dieu a choisi un peuple pour témoigner de sa foi. Ce peuple esclave, conduit par Moïse, reconnaît Dieu comme son libérateur. Ce peuple libéré est chargé d'annoncer l'Evangile. Nous sommes, collectivement, chargés d'être signes de Dieu pour les autres. Dans la société, des choix collectifs peuvent attester de ce que Dieu fait pour nous. Prenons, par exemple, l'assistance aux migrants. Rappeler que ce sont des Hommes qui ont le droit à la dignité. Pour exprimer cela, il nous faut être un corps. Nous ne pouvons témoigner de ce que Dieu fait pour nous qu'à plusieurs. On n'est pas chrétien tout seul, il nous faut conjuguer la dimension personnelle et communautaire. Ensemble, par exemple, vous consituter un groupe d'Eglise, mais il vous aurait été difficile de vous préparer à la confirmation tout seul !

A l'aumônerie de St Omer, 21 décembre 2012 

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Rédigé par AEP Saint-O

Publié dans #Le coin des Sacrements

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